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Ateliers populaires de philosophie

Le penseur

Les lundis 6 et 13 octobre, 3 et 10 novembre de 18H à 20H « Que reste-t-il de l’avenir ? »
Avec Gérard Amicel de la société bretonne de philosophie

Amphi Donzelot / 6 rue Kleber // 35000 Rennes

Le penseur

La Société bretonne de philosophie poursuit son partenariat avec Court Métrange, le festival international du court métrage insolite et fantastique de Rennes, qui se déroulera au TNB du 16 au 19 octobre 2014. Cette nouvelle édition est placée sous le thème du rétro- futurisme.

Dans notre société postmoderne, l’idéologie du progrès décline. Notre époque a perdu confiance en l’avenir et sent son destin lui échapper.

Confronté à la montée de la précarité, dans sa vie professionnelle et familiale, l’individu contemporain peine à se projeter sur le long terme. La crise économique semble interminable. Face à elle, les politiques sont impuissants car complètement dépassés par la vitesse des flux financiers.

Les peuples subissent les mutations imposées par le marché mondialisé. L’avenir devenant incertain, les scénarios alarmistes et catastrophiques se multiplient.

Comment sortir de cette dépression collective ?

Historiens et sociologues s’accordent généralement sur le diagnostic : l’accélération de l’histoire ne permet plus de s’appuyer sur des valeurs traditionnelles pour configurer le futur. Mais les avis divergent sur les remèdes à employer pour lutter contre cette désynchronisation entre nos expériences et nos attentes.

Faut-il forger un homme nouveau, plus rapide et plus souple, capable de s’adapter aux évolutions de son environnement ?

Il s’agirait d’utiliser les sciences et les techniques pour améliorer nos capacités physiques et intellectuelles.

Cette utopie transhumaniste inquiète pourtant ceux qui dénoncent la fabrication d’un individu flexible et malléable, entièrement soumis à la logique économique. Doit-on, au contraire, tenter de ralentir le système et revenir à des rythmes de vie plus naturels ?

C’est le pari des décroissants, qui s’opposent au productivisme au nom du principe de précaution. Seulement, l’écologie profonde est souvent considérée comme une idéologie rétrograde, qui joue sur nos peurs pour freiner la société.

On aurait tort de réduire le problème à une nouvelle querelle des anciens et des modernes. Le but n’est pas de prédire ce qui nous attend, mais de décider ce que nous allons faire, pour assumer l’incertitude du futur.

Pouvons-nous retrouver la maîtrise de notre devenir individuel et collectif ? Comment redonner de la consistance à notre présent et de l’épaisseur au temps ?

Second temps fort, le dimanche 12 octobre à 17H30 au Cinéma le Foyer, Acigné
Projection du film “Le Congrès” de Ari Folman avec Robin Wright, Harvey Keitel.
À l’issue de la projection, Gerard Amicel nous invitera à échanger autour de la notion d’Uchronie…

 

 

 

 

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ENTRE SES DOIGTS : Interview carrière d’Alexandre Dinaut (1/3)

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(Extrait de GREENSHAPE / FEEL BETTER)
Il n’y a pas que le festival COURTMETRANGE dans notre vie…

Voici venir une petite bulle d’air, qui inaugure une série de portraits de réalisateurs, dont nous avons croisé le chemin au détour d’un couloir de festival, au cours de notre  sélection ou par le biais de notre page Facebook – comme dans le cas d’Alexandre Dinaut.

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(Alexandre Dinaut sur le tournage de LA PORTE DE PIERRE)

Alexandre avait soumis son court-métrage au comité de sélection pour l’édition du festival COURTMETRANGE de 2012 et c’est avec beaucoup de plaisir, que nous l’avons retrouvé via notre page Facebook. Une belle occasion pour remettre en avant son extraordinaire LA PORTE DE PIERRE et de nous intéresser davantage à son travail.

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(Affiche de LA PORTE DE PIERRE)

N’hésitez pas à poster vos travaux sur notre mur et de nous contacter pour éventuellement faire part de cette galerie de portraits et partager votre expérience, vos impressions et votre travail avec nos lecteurs.

ESPRIT, ES-TU LA ?

Est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots ?

J’ai 34 ans. J’habite Lille, mais je suis originaire des environs de Valenciennes, où j’ai grandi à la campagne. Je suis cadreur/monteur intermittent. Travail alimentaire, je me passionne pour le cinéma et réalise des films dès que je peux. Je vais bientôt donner des cours d’analyse filmiques et de direction d’acteurs, ce qui me ravit, car j’adore transmettre ma passion du cinéma.

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(Sur le tournage de EDWARDSFR)

Le cinéma a-t-il toujours été ta passion ?

Oui, toujours. Je m’éclatais comme un fou à monter des petits films de familles à l’aide de deux magnétoscopes.
C’est mon père, qui m’a transmis la passion pour le cinéma. Il me forçait à regarder des films quand j’étais petit. Il m’a ouvert la voie à un monde nouveau; mais cette passion peut être dévorante aussi. Je ne pense qu’à ça, tout le temps…

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(Extrait de L’INDIEN)

Comment es-tu venu au cinéma ?

Comme j’ai voulu faire du cinéma, j’ai tenté intégrer un BTS audiovisuel à Tourcoing, mais j’ai été refusé à cause de ma moyenne trop faible. Mon bac en poche, je me suis inscrit à la fac de Valenciennes pour faire un DEUG STPI (sciences et techniques pour ingénieur) pour enchaîner sur une licence audiovisuelle.
Mes études n’ayant aucun rapport avec le cinéma (physique, chimie, maths…), je me suis davantage passionné pour le ping-pong, le jeu de fléchettes et les bars… Après avoir vainement tenté de repasser ma 1ère année, je me suis rapidement retrouvé à boire des coups à la cafétéria (comme Hélène et les garçons…)
Du coup, l’échec cuisant de la fac et l’opprobre de mes parents m’ont poussé à me réorienter vers un BTS Action Commerciale en alternance avec DECATHLON avant d’enchaîner d’autres petits boulots, comme dans la téléphonie.
C’est Eve-Tatiana, ma petite amie à l’époque et épouse aujourd’hui, qui m’a poussé à refaire ce que j’aimais…du cinéma après deux ans de galère. J’ai donc intégré la fac de Lille 3 (Option Cinéma Scénario) en réalisant des courts auto-produits en parallèle…

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(Sur le tournage de LA PORTE DE PIERRE)

Tu pourrais nous parler de ta période dans le milieu de la téléphonie, qui a certainement été source d’inspiration pour LA PORTE DE PIERRE ?

J’ai travaillé quatre mois chez Orange en tant que conseiller technique. Le plus dur était d’attendre les appels – en moyenne 200 appels par jour, c’est très lassant. Mais c’est surtout l’open-space qui m’insupportait. Déjà, que je n’aime pas le travail en bureau, le fait d’être « parqué » m’était d’autant plus pénible. J’ai eu vraiment du mal avec certains de mes supérieurs, qui jouaient au « petit chef, » qui voulaient que tout aille toujours plus vite et nous faire penser plus qu’à l’entreprise….

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(Extrait de PERSONA)

LES PETITS FILMS FONT LES GRANDES ŒUVRES

Qu’est-ce que DENVERCONCEPT ?

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(Logo DENVERCONCEPT )

DENVERCONCEPT est une sorte de structure « fantôme », que j’ai créée pour financer mes films. Elle n’a d’autre finalité, que de me permettre d’avoir un statut légal pour monter des dossiers de financements. Finalement, elle est devenue mon image de marque… Je n’ai pas le temps de financer d’autres projets ou d’autres artistes même si j’aimerais beaucoup pouvoir le faire…

Parle-nous de tes premiers courts…

Mon premier court métrage, GUS, est l’initiative d’un de mes amis, Alexis qui m’a demandé si je voulais faire un film. Je ne le remercierai jamais pour m’avoir permis de me faire me premières armes. Le scénario est de mon meilleur ami, Julien qui a dessiné les portes dans LA PORTE DE PIERRE

Ensuite, j’ai continué avec la petite caméra que ma femme m’a achetée. Je ne la remercierai jamais assez pour tout ce qu’elle a fait pour moi… J’ai fait plein de petits films avec cette caméra, ce qui a petit à petit permis d’affiner ma mise en scène…

CONTRE-TEMPS est un délire avec un pote de la fac, Thomas Sametin, devenu réalisateur depuis. On a écrit le scénario en deux heures, bouclé le tournage en une après-midi et Thomas a monté en quelques jours à peine. Un bon délire, où j’ai pris un malin plaisir à tenir un rôle :-)

TAKE TEN est une catharsis. C’est ma femme, Eve-Tatiana qui joue dedans. Je venais de revoir tous les Scorsese au ciné. Ce film reste l’un de mes préférés.

JOUE ET CREVE est la première rencontre avec l’acteur Anthony Xerra, qui est également le réalisateur de L’ITINERAIRE D’UN CAID avec Jo Prestia. C’était une journée de tournage bien fun, à l’arrache, à l’impro, à l’instinct.

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(Affiche IRREMISSIBLE)

On a enchaîné sur IRREMISSIBLE avec un peu plus de moyens et d’envie. C’est la première fois que je dirigeais beaucoup de figurants.

LA FORET AUX MILLE MORTS est un projet mort-né. Le film avait été pensé pour être diffusé lors des concerts d’une artiste. Elle ne s’est jamais produite sur scène, le film n’a donc plus aucun intérêt et n’est plus visible nulle part. Ce film m’a beaucoup appris, car on a tourné 5 weekends de suite, en pleine forêt en plein hiver et de nuit. Il faut tenir la longueur et savoir où on va.

PERSONA est le film qui a tout changé. J’ai répondu à un appel à projets de l’association Dick Laurent, WELCOME TO ALABAMA qui imposait un certain nombre de contraintes de tournage. Eric Deschamps (réalisateur et fondateur de l’association) m’a poussé à réaliser un film.

J’ai beaucoup hésité avant de me lancer. Le film devait être rendu avant le 20 avril. J’ai commencé à écrire le 15 pour tourner les 16 et 17 avril pour le monter dans la foulée. Le film a été fini juste à temps. Je me suis fortement inspiré de la scène extrêmement puissante de la 25IEME HEURE de Spike Lee avec Edward Norton. Je m’en suis très fortement inspiré pour réaliser une scène de même intensité. Je suis content que les gens aient pu voir la filiation. Je l’assume totalement.

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(Extrait de PERSONA)

PERSONA est un cri. La « persona » chez Jung est le masque que nous portons dans la société pour cacher notre vraie personnalité. A la base, c’était le masque que porte le chœur au théâtre pour déclamer son texte. Je m’en suis servi pour déclamer un cri et révéler l’identité qui se cache en chacun de nous. La musique est signée Ludovico Einaudi (compositeur des INTOUCHABLES).

Auparavant, j’avais réalisé un autre court, MYTHIQUE sur une autre musique d’Einaudi, en N&B, aussi avec un masque. On a voulu réaliser une variation sur le même thème avec mon acteur Alexandre Lesne.

PERSONA a été un vrai élément déclencheur. Le film a motivé tout un tas de gens à vouloir s’engager dans mon film suivant…J’ai pu recruter beaucoup de personnes – dont l’acteur principal, Antoine Michel – grâce à ce film…Pour moi, il y a un avant et un après PERSONA.

Ensuite, LA PORTE DE PIERRE… L’instant magique où tout prend vie. Où on rentre dans un autre monde, où nos rêves se réalisent. Un grand moment !

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(Extrait de LA PORTE DE PIERRE)

Puis UN MONDE À PART, deuxième film pour Dick Laurent sur lequel j’ai rencontré Guillaume Duchemin, le directeur photo avec qui je travaille énormément et avec qui j’ai une grande complicité tant amicale qu’artistique.

UN MONDE… est un poème triste. Une sorte d’allégorie d’une société qui fait de nous des pantins. On a tourné 50 plans en 2 jours. C’était le 1er film après la grosse machine LA PORTE… Si j’avais travaillé avec 120 personnes sur LA PORTE…, sur LE MONDE…, nous étions une petite équipe, travaillant à l’instinct, ça m’a fait du bien. Et j’ai découvert un super chef op.

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(Vladimir Peeters sur le tournage d’EDWARD)

A suivre …

Propos recueillis par Bastian Meiresonne

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L’affiche de la dixième édition Court Métrange

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Pour sa 10ème édition (17 au 20 octobre 2013), le Festival Court Métrange vous présente sa nouvelle affiche !

Mandaté à nouveau pour réaliser le visuel, l’agence KEROZEN a imaginé une mise en scène à la fois sobre et inquiétante, qui reflète parfaitement le thème de cette dixième édition : Monstre et monstruosité.

Une atmosphère intrigante se dégage de l’image, comme si le monstre qui sommeil dans le personnage cherchait à s’évader. Mystère et références au cinéma de genre se mêlent à l’énigmatique présence de ce portrait qui, on l’espère, fera galoper l’imagination de nos spectateurs !

L'affiche de la dixième édition de Court Métrange
L’affiche de la dixième édition de Court Métrange

Concernant le CONCOURS : COURT METRANGE S’AFFICHE, nous vous remercions pour les nombreux messages sur la page fan du festival.

Parmi les plus drôles :

Mariouv BillieMachine – Un moignon ?

Olive Yeaah – Le visage du gendre idéal ? (pas loin !)

Jonathan Rio – Une tête à l’envers. De dos quoi ! (Une tête à l’envers d’un personnage de face dans le dos ? J’suis perdu moi…)

Tristan L’Hermitte – (Karloff) x (-1) + (Tom Cruise) x (-1) = « un bébé vampire à casquette de baseball » et/ou « un homme/œuf à la coque » et/ou « un loup-garou à lunettes » C’était très simple, il suffisait d’être logique voilà tout ! (mais tout à fait !)

Mabprod Rennes – La tête d’un des frères Bogdanov ? (Bah au final, il a pas tord en fait…)

et l’indétronable :

Xa Xou – Y’à pas de haut (simple, mais efficace)

Parmi les plus proches :

Mélanie Mauguet – Si Kerozen est derrière tout ça, je dirais qu’il y a des doigts, des yeux et des poils…

Pauline Togo – Comme il y a une ombre au niveau du cou, il y a quelque chose au dessus… Mais quoi ?!?! (c’est pas faux !)

Benjamin Leroy – Un postérieur ? (A vous de juger… )

ET LE GRAND GAGNANT EST …

La question du concours était la suivante : A votre avis, à quoi va bien pouvoir ressembler l’affiche 2013 de Court Métrange ? Et voici le commentaire qui selon nous se rapproche le plus du résultat final :

Coco Rentin Une tête aplatie, creusée vers l’intérieur ? Un peu comme le sphinx de chez mémé qui donne mal à la tête avec sa perspective bizarre …

Bon pour le sphinx on cherche encore, mais bravo à lui pour sa réflexion très proche de la réalité (avenir de médium devant lui ?)

Aurélien.

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Night Town de Hoosky

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Le clip, format court de référence dans le milieu musical, reste essentiellement de nos jours un pur moyen marketing à la finalité très juteuse pour l’industrie (merci MTV). MAIS, mes chers élèves, sachez que certains artistes utilisent  le clip plutôt pour ses fins dramaturgiques, comme son grand frangin, le vénéré sacro-saint court métrage. Certes la question de la bande son ne se pose plus, puisque celle-ci est surtout composée de la piste musicale (Oxymore ?), reste alors à définir la bande image, ce que l’on va filmer, ce que l’on désire montrer / interpréter, transformant ainsi certains clips en véritable fiction courte.

Nous vous proposons pour cette première courte chronique musicalo-métrangesque (tous droits réservés !) l’oeuvre, car il s’agît bien de çà, du dernier EP de Hoosky :

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HISTORIQUE

Hoosky est un duo composé d’Hoogo et Chomsky, fondateurs du label Nowadays Records. En 2008, le premier album du label, LA BOULANGERIE, dévoile ses miches (hum…) et fait sensation dans ce milieu très fermé grâce à l’union de plusieurs grands noms de la nouvelle vague électro sur l’album (Mister Modo, Quetzal etc..). Un an plus tard, une rencontre  »fortuite » avec Mattic (un certain Wax Tailor) va donner naissance à l’album FANTASTIC PLANET, mélange étrange  de sonorités électroniques et de beat west coast t’a vu gros avec la contribution d’Astrid Engberg ou encore, A State Of Mind (entre autre). L’année 2011 marque la première apparition du duo Hoosky sur le dernier album du label, sobrement intitulé : LA BOULANGERIE 2 (l’album qui ne vous roule pas dans la farine … OK bon, STOP !!!). Premier jet, premier succès, le duo décide de continuer sur cette lancée en créant JUST A LIL’ BEAT, leur premier véritable album maîtrisé de bout en bout, que Hoosky définit comme  »la bande originale d’un Road Movie expérimental ». Plusieurs EP vont se décliner de cet album, tous narrant l’histoire de deux compères qui quittent la ville et prennent la route en voiture, pour s’enfuir vers une destination mythique mais inconnue. Night Town, le titre que nous vous présentons ici, est un extrait de cet album et laisse place justement, au voyage, au mythe, une fable très glauque sur les tréfonds de l’âme humaine, ou les hommes sont des chiens (au sens propre et sûrement figuré d’ailleurs).

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LES MOYENS

Pour mettre en image le récit de Night Town, le label a lancé une collecte de fond via Kiss Kiss Bang Bang. Nous vous proposons de relayer ici le budget global du clip pour vous donner un aperçu, petits curieux, du coût total de création d’un court (attention, ce budget reste à relativiser, il ne s’agît pas non plus de David Guetta hein). Le tournage s’est déroulé en septembre dernier, dans un village du sud-ouest de la France, avec une équipe composée d’une trentaine de technicien et d’une centaine de figurants. La demande était d’atteindre 9000€ en 45 jours soit :

– Préparation : 750 euros (150 euros / jour pour 5 jours de préparation)

– Tournage :  2000 euros (200 euros / jour pour 10 jours de tournage)

–  »Location » (si, si) du chien siberian husky : 1500 euros (100 euros/ jour  pour 15 jours (préparation + tournage))

– Nourriture et gardiennage du chien : 450 euros (30/jour pour 15 jours (préparation + tournage))

– Défraiement, logement et repas du dresseur : 750 euros (50 euros/jours pour 15 jours)

Acteur : 1500 euros (forfait + défraiement + repas / logement)

Poids lourd : 1800 euros (180 euros / jours pour 10 jours de tournage)

– Essence : 250 euros (25 euros / jours pour 10 jours de tournage

L’équipe a réussi son pari puisque le projet trouva son public sur le site communautaire, et le clip fut réalisé juste après.

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SYNOPSIS

Plutôt que d’analyser le clip, voici l’histoire de départ :

Après avoir sillonné le monde dans son 33 tonnes, Robert, toujours accompagné de son chien husky rentre au pays. C’est la fin d’un road-trip, le retour aux racines dans la campagne, là ou on n’a pas renoncé à ce qu’il y a de violent et d’animal en nous. Entre les vieux chasseurs et les gueules cassées de la troisième mi-temps, entre les coups de poing et les coups de crocs, il va devoir réaffirmer sa position de mâle dominant au sein du village…

On vous laisse (enfin !!) apprécier tranquillement l’oeuvre, taper du pied aussi, et quoi de mieux pour se mettre en bouche avant la prochaine édition de Court Métrange, dont la thématique est (et restera !) : Monstres et monstruosité.  Laissez parler l’animal qui est en vous, il est grand temps de lâcher le chien :

Et parce que la musique adoucit les moeurs, ou pas, voici une petite sélection de titres qui ne devraient pas vous laisser indifférents. La petite animalerie musicale de Court Métrange en quelque sorte :

Vous êtes des animaux / Mr. Oizo // 2011 (d’ailleurs : excellent dernier EP avec mr. Marilyn Monson, disponible depuis quelques jours ici)

Big Bad Wolf / Duck Sauce // 2012

Aurélien.

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Le Métrange du mois « Hold your fire »

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Tout commence de façon classique, on pense être en terrain connu. Un soldat portant un masque à gaz pointe son arme vers le spectateur et fait feu. Un film de guerre. Un environnement baigné d’une brume étrange, suggérant une touche fantastique. Une cible qui se déplace lentement, gauchement… Oh merde, pas encore un film de zombies quand même..??

Quoi qu’il en soit on a affaire à un court de belle facture:  un beau paysage de désolation, un soldat qui respire plus la lassitude que l’attitude triomphante du conquérant (le fait qu’il n’ait pas de visage ne favorise pas l’empathie), un corbeau, des cadavres accrochés aux barbelés, une photo et une bande son participant à une ambiance angoissante

Hold your Fire

On est aux aguets, on ressent ce petit quelque chose qui nous serre à la gorge et titille notre attention, mais rien ne nous prépare au basculement qui va suivre. Certes, il y a ce champ de bataille étrangement désert; ce prospectus dont on se demande ce qu’il fait là; la vision d’un torii (portail traditionnel japonais) qui, s’il semble indiquer que l’on se trouve au Japon pendant la seconde guerre mondiale (peut être juste après l’explosion de la Bombe ?), dégage avant tout une aura mystique; ce cadavre arborant un masque de No, surprenant sur un champ de bataille (et au passage: trois personnages sur ce terrain de mort, et toujours pas un visage).

Puis soudain changement de décor, le basculement s’opère par le biais d’images d’un cartoon d’assez mauvais goût en ce qu’il banalise les horreurs de la guerre. La réalité se brouille, l’histoire et son symbolisme s’entremêlent. On pourra d’abord penser que l’on est resté dans la continuité de la narration: on a effectué un saut dans le temps; victime d’une grenade, le combattant se retrouve à l’hôpital. Mais l’aspect délabré de ce dernier interpelle, et surtout le poste de télévision confirme que quelque chose ne tourne pas rond: montrer des images d’amputation à un amputé…? Le soldat porte toujours son uniforme déchiré ainsi que son casque, et lorsqu’il rejette ce dernier comme pour refuser sa condition, l’infirmière, dont la tenue immaculée ne doit pas nous tromper, se fait un devoir de lui remettre. Non, soldat, tu ne t’en tireras pas ainsi, pas si facilement. Le malheureux estropié, à la fois victime et acteur coupable de la guerre, devra revivre encore et encore son agonie, témoin de ses propres souffrances (lorsque l’infirmière quitte le champ, elle apparaît à l’image sur la télévision). Et tandis que l’enveloppe la même fumée qu’au début du film, ramenant le soldat sur le champ de bataille, on se dit que l’inquiétante jeune femme à son chevet tient plus de la geôlière et de la tortionnaire que de la garde-malade. Plus que de lui apporter des soins, son souci semble être de le maintenir en vie pour mieux le renvoyer dans son enfer personnel. Le revoilà sur le champ de bataille, comme au début, à la différence près qu’il n’est cette fois qu’un homme tronc sur une chaise roulante. La guerre ne lui a a pas seulement pris ses membres, elle a aussi détruit son âme, le condamnant à un cycle d’horreur perpétuelle.

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Et une fois que l’on a pénétré dans cette boucle expiatoire, le début du film peut être vu d’un oeil nouveau, prendre un autre sens. Le réalisateur Wes Benscoter (par ailleurs artiste réputé pour ses illustrations de nombreux albums de heavy metal) s’est-il jamais placé à un niveau réaliste? Sommes nous depuis le début dans la fantasmagorie? Avons-nous vu le soldat vivant, ou était-il mort dès la première image? Avons-nous été témoin de la réalité de son trépas, ou cette première errance sur le champ de bataille, que l’on ne savait pas encore éternelle, faisait déjà partie de son expiation/malédiction? Certains détails évoqués auparavant nous mettaient la puce à l’oreille; à les regarder de plus près, on est confirmé dans l’idée que le réalisateur a entièrement basé son film au niveau du spirituel. La présence du torii prend notamment tout son sens: ces portails ont en effet pour fonction symbolique de séparer le monde physique de celui des esprits. Rétrospectivement, il subsiste peu de doutes quant au côté duquel se trouve le soldat… Si ce n’était pas suffisant, le masque de No, quant à lui, semble venir souligner l’ironie et le faux-semblant à l’oeuvre dans le destin du militaire.

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Après tout, il importe peu de savoir si ce qu’on voit est réel, fantasmé, si cela a eu lieu, si c’est un souvenir, le passé, le futur, un présent qui se répète… Le spectateur avisé ne cherchera pas à tout prix une explication indiscutable, une vérité. Il se plaira à conserver des zones d’ombres, des moments de flou artistique où s’emmêlent les réalités. C’est justement en donnant deux niveaux de lecture à son histoire, deux niveaux de conscience à son héros/victime, que Benscoter confère au film son sens et sa force. Et qu’apparaît alors, loin du basique film de guerre dénué de substance, toute la signification du court, que l’on aurait pu deviner simplement en lisant le titre de celui-ci. « Hold your fire » est un film viscéralement anti-militariste, dont la mécanique en trois temps et l’atmosphère angoissante viennent totalement servir le propos. Une situation initiale, un basculement et un enchevêtrement apparent des réalités venant mettre en perspective ce qui précède, et par la même éclairer très clairement sur le message du film. Une fois encore, un second regard sur des élément qui nous semblaient à première vue seulement formels et tenant purement de la narration, vont nous les faire apparaître comme relevant plutôt du symbolisme et de la démonstration. Il y a bien sûr le titre, avec lequel tout est dit. Mais il y a aussi cette première image, ce soldat mettant en joue le spectateur, l’impliquant dans le récit tout en le mettant mal à l’aise. Le canon du fusil agit comme un doigt pointé vers nous; une façon de nous dire « tu es concerné »; également de nous signifier que nous sommes tous victimes, mais aussi tous coupables. Tout comme le soldat, dont le calvaire paraît certes être une punition pour des actes de guerre, mais également une malédiction pour simplement avoir pris part à la guerre, qu’il l’ait voulu ou non. Mettre le pied dans l’engrenage de la guerre, c’est être damné à jamais. La guerre comme malédiction. Une malédiction qui déshumanise : le soldat n’a pas de visage. Au départ, il est un masque, une machine de guerre. Par la suite, il n’est plus qu’une grimace, une balafre, un nouveau masque, de souffrance cette fois-ci.

« Hold your fire », nous conjure Wes Benscoter : cessez le feu, toute guerre n’est qu’une horreur sans fin et sans visage.

B. Leroy