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Le Métrange du mois «Doomed»

L’animation et le court-métrage sont bons amis. D’abord car les deux sont des terrains d’expérimentation et d’innovation. Ensuite parce que, peut-être encore plus qu’un réalisateur live, un animateur doit faire ses preuves (d’où également un grand nombre de films d’animation qui ne sont rien d’autre que que de simples démonstrations de maîtrise technique). Aussi parce que la réalisation d’un film d’animation demande beaucoup plus de temps que celle d’un film live. Et enfin et surtout, parce que le public est friand de courts animés !

Vu en 2012 au festival de Clermont-Ferrand, où il a obtenu le prix du rire Fernand Raynaud, voici donc « Doomed », de l’espagnol Guillermo Garcia Carsi, fondateur des studios El Senor. Vous ne connaissez peut-être pas le réalisateur, mais si vous avez des enfants, il se peut que vous ayez déjà été saoulé bien au delà du raisonnable par sa précédente création: « Pocoyo », une série télévisée prisée de nos chères têtes blondes.

Pocoyo

« Doomed » est un faux documentaire suivant des créatures dont les instincts, au lieu de tendre à leur survie, semble les pousser vers leur perte.

La force du film est bien sûr sa grande inventivité, le sujet comme la forme animée ne posant aucune limite à l’imagination du réalisateur. Chaque espèce, et son funeste destin, est plus inattendue et plus hilarante que la précédente, et l’on se délecte cruellement de leurs existences maudites. Le poisson-cube, le hérisson dont les piquants poussent vers l’intérieur, l’oiseau qui jongle avec ses propres organes pour séduire sa femelle… Nous découvrons toutes ces merveilles de la Création guidés par une voix off digne des meilleurs reportages de France 5.

Doomed

La très bonne idée de Garcia Carsi est d’ailleurs d’adopter le style du faux documentaire. Tout d’abord car cela justifie qu’il se borne à présenter une galerie de créatures, qu’il se focalise entièrement à la mise en scène de celles-ci (le décor se résume d’ailleurs la plupart du temps à un fond blanc), sans s’embarrasser d’une ligne narrative superflue. Mais aussi car cela ajoute un élément comique avec un commentateur criant de vérité, d’abord enthousiaste, professionnel et ambitieux, avant que sa frustration et sa résignation n’aillent grandissantes devant l’absurdité dont la Nature a fait preuve avec ces pauvres animaux.

Amateurs de jeux-vidéo, réjouissez-vous, car « Doomed » est en train d’être adapté sous cette forme. Question: incarnera-t-on un créateur sadique imaginant les destins les plus cruels pour ses créations, ou une créature devant lutter pour éviter son funeste sort ?

Enjoy !

Doomed: a biological cartoon! from El Señor Studio on Vimeo.

Benjamin Leroy – makeitshort.fr

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Le Métrange du mois «Spider» et «Bear»

Bear

Pour ce tout premier Métrange du mois, ne faisons pas les choses à moitié. Non, faisons les plutôt en double, voire en triple. Car ce sont bien DEUX courts-métrages – plus un bonus – que nous vous proposons aujourd’hui !

Et pas seulement parce que nous souhaitons vous en mettre plein la vue pour notre premier rendez-vous, mais aussi et surtout parce que, dans leur concept, ces deux courts se suivent et fonctionnent de paire.

Mais assez de suspense, de quoi parlons-nous ici ?

« Spider » et « Bear » (visible en ligne depuis le 1er Février pour ce dernier) sont deux courts australiens réalisés par Nash Edgerton (également interprète principal) et co-scénarisés avec David Michôd,qui ont, surtout le premier, largement tourné en festival.

Bear

Les frères Edgerton, ça vous dit quelque chose ? Non ? David Michôd, peut-être ? Non plus ?? Mais si, voyons ! Si vous n’étiez pas en mode hibernation ces dernières années et si vous avez gardé un oeil ne serait-ce qu’à moitié ouvert, vous avez dû remarquer que l’Australie nous a livré quelques petites perles de longs métrages, notamment dans le domaine du polar. Deux nous intéressent particulièrement ici: « The square » et « Animal Kingdom ».

« The square » est le seul long à ce jour de Nash Edgerton (également cascadeur, ayant oeuvré sur la série des « Matrix » ou la nouvelle trilogie « Star Wars »), qu’il a co-écrit avec son frère Joel. Joel… Ca vous revient ? Carré, barbu, une tête à boire une pinte de la main droite tandis qu’il se sert la suivante de la main gauche, vu dans « Warrior », le remake de « The thing », et tout récemment dans « Zéro Dark Thirty ». Vu également dans un certain « Animal Kingdom », réalisé par un certain David Michôd (co-scénariste de « Spider » et « Bear », donc. Vous suivez ?).

Spider

Maintenant que vous avez remis tout cela dans l’ordre et compris qui est qui et qui fait quoi, vous voyez que l’on a affaire ici à une bande d’artistes talentueux ayant visiblement plaisir à collaborer les uns avec les autres et qui, malgré leur succès dans le long-métrage, ne délaissent pas le court pour autant (Nash Edgerton vient de livrer un nouveau court, « The captain », en compétition à Sundance, et co-rélisé avec Spencer Susser).

Leur collaboration a débouché sur la création de Blue Tongue Films, qui a produit tous les longs et courts évoqués précédemment, mais aussi ceux de réalisateurs ayant rejoint le crew par la suite. Comme Spencer Susser, justement. Ce réalisateur américain a rejoint notre bande d’australiens, qui a produit son célèbre court, « I love Sarah Jane », ainsi que son premier long, « Hesher », avec la star montante Joseph Gordon-Levitt.

Bref, avec Blue Tongue Films, on a affaire a un des collectifs les plus talentueux du moment ! Pour ce qui est de « Spider » et de « Bear », nul besoin de vous en dire davantage, si ce n’est que le second est la suite du premier, dont il reprend le facétieux personnage principal.

A vous de découvrir le reste…

Ci-dessous :

« I love Sarah Jane »

« Spider»

« Bear »

Enjoy !

Plus d’infos sur « I love Sarah Jane »

http://makeitshort.fr/i-love-sarah-jane-video/

Le site de Blue Tongue Films, où vous pouvez voir d’autres films du collectif

http://bluetonguefilms.com/

Benjamin Leroy