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ENTRE SES DOIGTS : Interview carrière d’Alexandre Dinaut (1/3)

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(Extrait de GREENSHAPE / FEEL BETTER)
Il n’y a pas que le festival COURTMETRANGE dans notre vie…

Voici venir une petite bulle d’air, qui inaugure une série de portraits de réalisateurs, dont nous avons croisé le chemin au détour d’un couloir de festival, au cours de notre  sélection ou par le biais de notre page Facebook – comme dans le cas d’Alexandre Dinaut.

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(Alexandre Dinaut sur le tournage de LA PORTE DE PIERRE)

Alexandre avait soumis son court-métrage au comité de sélection pour l’édition du festival COURTMETRANGE de 2012 et c’est avec beaucoup de plaisir, que nous l’avons retrouvé via notre page Facebook. Une belle occasion pour remettre en avant son extraordinaire LA PORTE DE PIERRE et de nous intéresser davantage à son travail.

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(Affiche de LA PORTE DE PIERRE)

N’hésitez pas à poster vos travaux sur notre mur et de nous contacter pour éventuellement faire part de cette galerie de portraits et partager votre expérience, vos impressions et votre travail avec nos lecteurs.

ESPRIT, ES-TU LA ?

Est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots ?

J’ai 34 ans. J’habite Lille, mais je suis originaire des environs de Valenciennes, où j’ai grandi à la campagne. Je suis cadreur/monteur intermittent. Travail alimentaire, je me passionne pour le cinéma et réalise des films dès que je peux. Je vais bientôt donner des cours d’analyse filmiques et de direction d’acteurs, ce qui me ravit, car j’adore transmettre ma passion du cinéma.

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(Sur le tournage de EDWARDSFR)

Le cinéma a-t-il toujours été ta passion ?

Oui, toujours. Je m’éclatais comme un fou à monter des petits films de familles à l’aide de deux magnétoscopes.
C’est mon père, qui m’a transmis la passion pour le cinéma. Il me forçait à regarder des films quand j’étais petit. Il m’a ouvert la voie à un monde nouveau; mais cette passion peut être dévorante aussi. Je ne pense qu’à ça, tout le temps…

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(Extrait de L’INDIEN)

Comment es-tu venu au cinéma ?

Comme j’ai voulu faire du cinéma, j’ai tenté intégrer un BTS audiovisuel à Tourcoing, mais j’ai été refusé à cause de ma moyenne trop faible. Mon bac en poche, je me suis inscrit à la fac de Valenciennes pour faire un DEUG STPI (sciences et techniques pour ingénieur) pour enchaîner sur une licence audiovisuelle.
Mes études n’ayant aucun rapport avec le cinéma (physique, chimie, maths…), je me suis davantage passionné pour le ping-pong, le jeu de fléchettes et les bars… Après avoir vainement tenté de repasser ma 1ère année, je me suis rapidement retrouvé à boire des coups à la cafétéria (comme Hélène et les garçons…)
Du coup, l’échec cuisant de la fac et l’opprobre de mes parents m’ont poussé à me réorienter vers un BTS Action Commerciale en alternance avec DECATHLON avant d’enchaîner d’autres petits boulots, comme dans la téléphonie.
C’est Eve-Tatiana, ma petite amie à l’époque et épouse aujourd’hui, qui m’a poussé à refaire ce que j’aimais…du cinéma après deux ans de galère. J’ai donc intégré la fac de Lille 3 (Option Cinéma Scénario) en réalisant des courts auto-produits en parallèle…

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(Sur le tournage de LA PORTE DE PIERRE)

Tu pourrais nous parler de ta période dans le milieu de la téléphonie, qui a certainement été source d’inspiration pour LA PORTE DE PIERRE ?

J’ai travaillé quatre mois chez Orange en tant que conseiller technique. Le plus dur était d’attendre les appels – en moyenne 200 appels par jour, c’est très lassant. Mais c’est surtout l’open-space qui m’insupportait. Déjà, que je n’aime pas le travail en bureau, le fait d’être « parqué » m’était d’autant plus pénible. J’ai eu vraiment du mal avec certains de mes supérieurs, qui jouaient au « petit chef, » qui voulaient que tout aille toujours plus vite et nous faire penser plus qu’à l’entreprise….

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(Extrait de PERSONA)

LES PETITS FILMS FONT LES GRANDES ŒUVRES

Qu’est-ce que DENVERCONCEPT ?

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(Logo DENVERCONCEPT )

DENVERCONCEPT est une sorte de structure « fantôme », que j’ai créée pour financer mes films. Elle n’a d’autre finalité, que de me permettre d’avoir un statut légal pour monter des dossiers de financements. Finalement, elle est devenue mon image de marque… Je n’ai pas le temps de financer d’autres projets ou d’autres artistes même si j’aimerais beaucoup pouvoir le faire…

Parle-nous de tes premiers courts…

Mon premier court métrage, GUS, est l’initiative d’un de mes amis, Alexis qui m’a demandé si je voulais faire un film. Je ne le remercierai jamais pour m’avoir permis de me faire me premières armes. Le scénario est de mon meilleur ami, Julien qui a dessiné les portes dans LA PORTE DE PIERRE

Ensuite, j’ai continué avec la petite caméra que ma femme m’a achetée. Je ne la remercierai jamais assez pour tout ce qu’elle a fait pour moi… J’ai fait plein de petits films avec cette caméra, ce qui a petit à petit permis d’affiner ma mise en scène…

CONTRE-TEMPS est un délire avec un pote de la fac, Thomas Sametin, devenu réalisateur depuis. On a écrit le scénario en deux heures, bouclé le tournage en une après-midi et Thomas a monté en quelques jours à peine. Un bon délire, où j’ai pris un malin plaisir à tenir un rôle :-)

TAKE TEN est une catharsis. C’est ma femme, Eve-Tatiana qui joue dedans. Je venais de revoir tous les Scorsese au ciné. Ce film reste l’un de mes préférés.

JOUE ET CREVE est la première rencontre avec l’acteur Anthony Xerra, qui est également le réalisateur de L’ITINERAIRE D’UN CAID avec Jo Prestia. C’était une journée de tournage bien fun, à l’arrache, à l’impro, à l’instinct.

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(Affiche IRREMISSIBLE)

On a enchaîné sur IRREMISSIBLE avec un peu plus de moyens et d’envie. C’est la première fois que je dirigeais beaucoup de figurants.

LA FORET AUX MILLE MORTS est un projet mort-né. Le film avait été pensé pour être diffusé lors des concerts d’une artiste. Elle ne s’est jamais produite sur scène, le film n’a donc plus aucun intérêt et n’est plus visible nulle part. Ce film m’a beaucoup appris, car on a tourné 5 weekends de suite, en pleine forêt en plein hiver et de nuit. Il faut tenir la longueur et savoir où on va.

PERSONA est le film qui a tout changé. J’ai répondu à un appel à projets de l’association Dick Laurent, WELCOME TO ALABAMA qui imposait un certain nombre de contraintes de tournage. Eric Deschamps (réalisateur et fondateur de l’association) m’a poussé à réaliser un film.

J’ai beaucoup hésité avant de me lancer. Le film devait être rendu avant le 20 avril. J’ai commencé à écrire le 15 pour tourner les 16 et 17 avril pour le monter dans la foulée. Le film a été fini juste à temps. Je me suis fortement inspiré de la scène extrêmement puissante de la 25IEME HEURE de Spike Lee avec Edward Norton. Je m’en suis très fortement inspiré pour réaliser une scène de même intensité. Je suis content que les gens aient pu voir la filiation. Je l’assume totalement.

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(Extrait de PERSONA)

PERSONA est un cri. La « persona » chez Jung est le masque que nous portons dans la société pour cacher notre vraie personnalité. A la base, c’était le masque que porte le chœur au théâtre pour déclamer son texte. Je m’en suis servi pour déclamer un cri et révéler l’identité qui se cache en chacun de nous. La musique est signée Ludovico Einaudi (compositeur des INTOUCHABLES).

Auparavant, j’avais réalisé un autre court, MYTHIQUE sur une autre musique d’Einaudi, en N&B, aussi avec un masque. On a voulu réaliser une variation sur le même thème avec mon acteur Alexandre Lesne.

PERSONA a été un vrai élément déclencheur. Le film a motivé tout un tas de gens à vouloir s’engager dans mon film suivant…J’ai pu recruter beaucoup de personnes – dont l’acteur principal, Antoine Michel – grâce à ce film…Pour moi, il y a un avant et un après PERSONA.

Ensuite, LA PORTE DE PIERRE… L’instant magique où tout prend vie. Où on rentre dans un autre monde, où nos rêves se réalisent. Un grand moment !

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(Extrait de LA PORTE DE PIERRE)

Puis UN MONDE À PART, deuxième film pour Dick Laurent sur lequel j’ai rencontré Guillaume Duchemin, le directeur photo avec qui je travaille énormément et avec qui j’ai une grande complicité tant amicale qu’artistique.

UN MONDE… est un poème triste. Une sorte d’allégorie d’une société qui fait de nous des pantins. On a tourné 50 plans en 2 jours. C’était le 1er film après la grosse machine LA PORTE… Si j’avais travaillé avec 120 personnes sur LA PORTE…, sur LE MONDE…, nous étions une petite équipe, travaillant à l’instinct, ça m’a fait du bien. Et j’ai découvert un super chef op.

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(Vladimir Peeters sur le tournage d’EDWARD)

A suivre …

Propos recueillis par Bastian Meiresonne

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